Quand un chef d’Etat appuie sur le bouton ‘’déranger’’ !

Le président tchadienIdriss Deby Itno

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La récente interview du Président tchadien Idriss Deby Itno continue de soulever des vagues dans l’opinion publique. Nous voulons poser ici un regard inquisiteur sur les déclarations de l’homme fort de N’Djamena.

Un président très disponible !

Il ne fait aucun doute que le numéro 1 tchadien est toujours disposé à s’adresser à la presse. Contrairement à certains de ses paires d’Afrique Centrale et surtout au président camerounais , surnommé le sphinx en raison de son silence légendaire. Ce dernier constituant à lui seul ‘’35 ans d’énigmes’’. Idriss Deby est également connu comme une personnalité ne faisant pas dans la langue de bois. Une tactique chère aux dirigeants subsahariens. Plus précisément de la partie francophone. Éludant ainsi toute question sérieuse ou renvoyant les réponses au calendrier grec.

L’on se souvient il y a peu, le président tchadien a fait diverses critiques à l’encontre de ses ‘’partenaires’’. Envers les responsables de la campagne foireuse qui a ‘’démocratisé’’ la Lybie. Et face à la question épineuse du FCFA dont même un nouveau-né imagine qu’elle est une monnaie factice. Son interview a donc logiquement aiguisé notre appétit.

La France ! La France ! Et toujours la France !

Répondant à une question sur les relations franco-africaines, le président tchadien émet un vœu pieux. Il affirme : nous devons avoir « désormais des relations amicales basées sur des intérêts réciproques. (…) Nous ne pouvons plus avoir des relations de maître à élève ou de maître à sujet ».  Pour ce qui est du FCFA, il maintient la volonté d’une renégociation des accords monétaires avec Paris. Et estime que la balle est dans le camp des dirigeants africains. Il critique sévèrement la présence de trois Français au conseil d’administration de la BEAC. Ceux-ci détenant même le droit de veto. « Où est notre souveraineté monétaire ? Comment voulez-vous que l’Afrique se construise ?» questionne-t-il. Quand même étonnant pour un chef d’Etat.

Sur la durée au pouvoir et de la limitation des mandats présidentiels, Idriss Deby dégaine : « Je ne suis pas un homme heureux ! Ma jeunesse s’est faite dans la guerre et au sortir de la guerre j’ai cette responsabilité – de gérer le pays ! J’aurais souhaité m’arrêter en 2006 après mon second mandat. J’aurais alors cédé le pouvoir ! La France est intervenue pour changer la constitution ! J’ai dit que je ne voulais pas changer la constitution, mais ils sont passés par leurs ‘’arcanes’’ !» Dixit l’homme fort de N’Djamena. Qui affirme aussi que « Le jour où le peuple tchadien me dira de partir, je partirai » ! Ouf !

La salle d'interview

Le président tchadien et les trois journalistes

Éternelle diversion…

Il faut tout de même relever la franchise ou la sincérité d’Idriss Deby. Il reconnaît dans cette interview avoir fait de très mauvais choix. Surtout dans la gestion de la rente pétrolière, première pourvoyeuse de fonds du pays. Il note également les erreurs, voire la naïveté du gouvernement tchadien dans la conclusion de certains accords concernant le brut. C’est rare de voir un dirigeant d’Afrique Centrale faire ainsi son mea culpa. Chez nous au Cameroun par exemple, quand tout va bien, c’est grâce à la dextérité du Chef de l’Etat. Mais lorsque rien ne marche c’est la conjoncture internationale qui est mise en cause. Même lorsqu’il s’agit de détournement de deniers publics et de corruption.

Sur l’ensemble des points que nous avons relevé, on note que le président Deby vole de diversion en diversion.

  • Sur les relations franco-africaines, si les leaders africains se disent réellement libres et indépendants. Ils savent ce qu’ils doivent faire.
  • Sur la question du FCFA, monnaie dénoncée même par les politiques en France, une révolution n’est pas impossible. Mais elle doit être portée par les dirigeants africains. Sur ce sujet, ils auront toujours le soutien de leur peuple.
  • Sur la limitation des mandats et la durée au pouvoir, une question. « Avez-vous été forcé à vous représenter aux élections » ?

Excellence Monsieur le Président, cette fois, vous avez appuyé sur ‘’déranger’’ !

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