A la découverte des blessés de guerre au Cameroun

Sharing is caring!

Un blessé de guerre en larme

Un homme en larmes

Dans mon précédent papier http://samuelsufo.mondoblog.org/2017/05/18/linfluence-negative-pantheres-jeunes/ , j’évoquais au dernier paragraphe les ‘’blessés de guerre’’ . L’expression est certes commune pour beaucoup d’entre vous, mais il est important de la situer dans notre contexte. Les blessés de guerre sont des personnes qui ont connues des déceptions en amour. Déceptions qui sont multiples et diverses. Celles-ci sont très souvent douloureuses et laissent des tâches plus ou moins indélébiles. Ce qui est intéressant ici, ce ne sont pas les déceptions en tant que telles. Mais la conception ‘’matérialiste’’ de l’amour.

Casque d'un blessé de guerre

Casque de soldat au milieu de roses

L’amour comme un champ de bataille

L’un des sujets de conversation qui fait toujours crépiter les claviers des internautes dans mon pays c’est l’amour. Si l’on oriente les débats sur la gratuité ou non de celui-ci, les protagonistes se déchaînent. Mêlant parfois émotion, humour et expérience. Généralement, ces disputes tournent au pugilat de la gent féminine. Cette dernière se défendant tant bien que mal face aux arguments adverses.

Mais il est un fait incontestable chez nous : l’amour est devenu un champ de bataille. Lieu où s’affrontent les deux tourtereaux et leur entourage qu’on peut qualifier de ‘’staff technique’’. Et si l’on fait recours à un champ de bataille ; l’intérêt, l’objet de l’affrontement est incontournable. Du temps de nos aïeux, l’amour était gratuit, ‘’njôôh’’. Le seul intérêt dans une relation était le bonheur du couple, au prix des sacrifices consentis par les deux partenaires. Au 21ème siècle, tout ceci a changé. L’intérêt certes demeure, mais il est tout autre. On aime pour les biens matériels, pour le compte bancaire, bref pour notre satisfaction personnelle.

Pendant longtemps, on a accusé les femmes de faire dans ce registre. C’étaient des accusations à tort car l’on se rend compte qu’elles ont été rattrapées depuis par les hommes. Ces derniers sont de véritables caméléons au verbe mielleux. Tout comme les dames, ils ne lésinent sur aucun moyen pour atteindre leur but dans une relation. L’amour devient donc une scène de combat où chacun des soupirants fourbit des armes démesurées pour sortir gagnant. Certains empruntent de l’argent et des vêtements. D’autres se décapent et deviennent méconnaissables. Dans des mises en scène subtiles et ubuesques quelques fois, les amoureux se complimentent, ricanent. Sachant pertinemment ce qui est en ligne de mire.

Caractéristiques du blessé de guerre

La patience

C’est la première et la caractéristique fondamentale des blessés de guerre. Comme des fauves étudiant leurs proies de loin, ils ont calmes, posés. Ils sont persévérants, savent faire face à l’adversité et supportent toutes les humiliations. C’est une vertu très appréciée chez eux et qu’ils ne cessent de cultiver au gré des expériences.

L’infidélité

Les blessés de guerre sont par essence infidèles. Prenant appui sur leur passé, ils mènent une double, voire une triple vie. Ainsi, les hommes multiplient les conquêtes et deviennent de véritables ‘’Don Juan’’ ou des ‘’Mongo Faya’’. Ils ‘’tirent sur tout ce qui bouge’’ selon une formule camerounaise. Les dames quant à elles se procurent des ‘’roues de secours’’. C’est-à-dire un ou plusieurs hommes prêts à remplacer leur partenaire en cas d’absence de ce dernier. C’est de cette façon que de nombreux Camerounais justifie leur infidélité. Cette dernière devenant presque un phénomène de société.

La méfiance

Les blessés de guerre sont très méfiants. Ils doutent de tout en ce qui concerne l’amour et se fient rarement à leur conjoint. Leur adage favori est : « La confiance n’exclut pas la méfiance ». Phrase qu’ils répètent comme un verset biblique lorsqu’on leur fait la cour. Par conséquent, lorsque vous être en couple avec un blessé de guerre, vous êtes surveillé. Tous vos pas, vos gestes sont scrutés à la seconde près. Vos appels, vos messages sont passés au peigne fin. Et en cas de forte suspicion, vous subissez un interrogatoire musclé, semblable à ceux réalisés par les services de sécurité.

La mesquinerie

Même s’ils essaient de camoufler ce défaut, la mesquinerie est la marque de fabrique des blessés de guerre. Ils sont très chiches. Ne tentez pas un seul instant de leur lancer ça au visage car ils ne supportent pas de l’entendre. Ils n’offrent jamais de cadeau. Ils attendent, attendent et attendent encore que vous le fassiez. Et si vous omettez de le faire, c’est une litanie de reproches qui atterrit sur vous. « Jean, depuis que nous sommes ensemble, tu ne m’as jamais fait de cadeaux » ! « Yvette, tu dis que tu m’aimes, mais tu ne m’as jamais rien donné » ! Ou alors, votre nom est trainé dans la boue chez des amis. « Le gars-là est dur comme le fer, un chichard comme ça » ! « La fille-là est avare, je regrette même d’être avec elle hein » !

Le désir de vengeance

La devise des blessés de guerre c’est la loi du talion. Leur obsession est de répliquer ce qu’ils ont subi sur quelqu’un d’autre. Ceci s’explique par le fait qu’ils se considèrent toujours comme des victimes ; même s’ils sont fautifs. Ils se disent dans leur for intérieur : « Il/Elle va me sentir. Pas ce que l’autre là m’a fait la dernière fois » ! Ils conçoivent de ce fait un plan (diabolique) pour assouvir leur vengeance. Et au cas où celui-ci ne fonctionnerait pas, ils insistent, insistent. Et finissent par péter les plombs lorsqu’ils font face à un partenaire rusé à la Bugs Bunny ou le geococcyx dans les cartoons américains.

Sharing is caring!

1 Commentaire

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *