La journée internationale de la femme au Cameroun

PeintureFresque représentant une femme noire

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Aujourd’hui, le monde entier célèbre la Journée internationale des femmes. Ou mieux ; la Journée internationale des droits des femmes. Ainsi, comme c’est le cas tous les ans, on assiste à travers le globe à diverses manifestations. Conférences, colloques, défilés, célébrations festives etc. Tout ceci dans le but de rappeler que la femme est l’égale de l’homme. Et à ce titre, elle doit avoir les mêmes droits que ce dernier. En cette journée dédiée à la gent féminine, il convient de s’interroger sur les enjeux de cette célébration. Plus précisément au Cameroun. Mais également sur les voies d’émancipation de la femme africaine.

Le 8 mars au Cameroun

La Journée des droits des femmes est issue des luttes féministes menées sur les continents européen et américain. De ce fait, elle a été reconnue et officialisée par les Nations Unies en 1977. Et symbolise les combats en faveur d’une meilleure prise en compte des femmes dans les activités quotidiennes (politique, économique, sociale…). Dans son acception camerounaise, la journée des droits des femmes est particulière. On assiste ci et là à des conférences sur le droit des femmes, avec pour point d’orgue des défilés dans toutes les villes du pays. Et à la fin, des réjouissances populaires qui durent jusqu’à l’aube. On se croirait ainsi à un réveillon de Noël ou de nouvel an, car toutes les rues des grandes villes sont bondées de femmes en uniforme de l’événement, qui chantent et célèbrent la vie. Le sens même de la journée est laissé de côté, pour ne pas dire, ignoré.

La journée internationale de la femme est un jour férié non officiel. En réalité, dans les administrations publiques, le travail est au ralenti, les femmes introuvables. Parfois, elles sont quasiment closes. Les écoles maternelles sont fermées. Les élèves du primaire sont souvent abandonnés à eux-mêmes, les enseignantes étant plus préoccupées par la célébration de la journée des droits des femmes. A cet effet, des dépenses considérables sont engagées par les pouvoirs publics. On oublie pour quelques heures les problèmes, les soucis. L’heure est à la fête. C’est le 8 mars.

Situation de la femme camerounaise

A l’instar des africaines, la femme camerounaise subit un processus d’occidentalisation qui mérite d’être remis en cause. En fait, nos valeurs traditionnelles sont peu à peu délaissées, considérées comme une atteinte aux droits de l’homme, et par ricochet aux droits de la femme. Cette dernière revendique dès lors la place de chef. Au point où l’on observe régulièrement des bagarres dans les foyers. Il n’est nullement question de dire ici que la place de la femme doit rester à la cuisine, ou qu’elle doit se contenter de l’éducation des enfants. Ce n’est pas mon intention. La modernisation ou l’occidentalisation tend à nous faire croire qu’il faut tout abandonner de nos pratiques anciennes. Ce qui serait une fausse piste et très dommageable, notamment pour les générations futures qui ne s’identifieraient qu’aux top-models européens ou aux stars du show biz américaines. Ce qui constituerait un grand crime pour notre société.

On semble oublier que c’est la femme qui est le véritable chef de la famille. Ce rôle important doit être mis en avant. Ce qui permettra de mettre fin aux stigmatisations. En outre, il est nécessaire d’évoquer les femmes qui se battent au quotidien pour leur famille, leur communauté et de surcroît pour le pays. Depuis toujours, elles sont avocates, magistrats, femmes d’affaire, industrielles… Sans oublier les agricultrices, les commerçantes, celles qui se exercent dans l’informel. Cette liste est loin d’être exhaustive.

L’avenir de la femme camerounaise

L’émancipation de la femme passe nécessairement par la résolution des problèmes de base de la société. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. En résolvant le problème du chômage massif, on donne le travail aux femmes. Désenclaver les villes et les villages signifierait améliorer leurs conditions d’existence (santé, éducation, formation professionnelle). Mettre fin à l’impunité permettra de dire adieu aux « meurtres conjugaux » qui meublent très souvent les colonnes des journaux concernant les faits divers. Il faut surtout mettre un point d’honneur sur l’éducation de la jeune fille. Mettre au centre de cette éducation les valeurs traditionnelles et religieuses africaines.

Il faut leur enseigner l’histoire du pays et du continent. Pour qu’elles soient elles aussi fières de leur terre, de leurs aïeux. Car comme dit quelqu’un : « Un peuple sans histoire, est un monde sans âme ». Ainsi, elles seront à mesure d’affronter le monde sans complexe et sans crainte.

Bonne Fête aux Femmes !

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