Souvenirs de rentrée scolaire

Poême de La Fontaine

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Ce mois de septembre est le mois de rentrée dans plusieurs pays. Comme chaque année, les écoliers sont plus ou moins heureux de retrouver les salles de classe. Dans ce billet, je vous parlerai des faits qui ont marqué mes rentrées lorsque j’étais sur les bancs.

Salle de classe, salle de jeux

Ma première rentrée au secondaire fut bouleversante. Je découvrais Yaoundé, très différente de Bertoua où j’avais passé les deux années précédentes. Tout était nouveau pour moi : un nouveau quartier, de nouveaux voisins, un nouvel établissement, de nouveaux camarades. Inscrit en classe de sixième dans un établissement de la place, j’ai commencé les cours un mois après la date de la rentrée officielle. En fait, les enseignants étaient introuvables. Pendant les cinq premiers jours de la semaine, nous avions fait un seul cours. Une rentrée vraiment bizarre. La semaine suivante, nous avons nous aussi déserté les salles de classe. Avec quelques nouveaux camarades, nous passions nos journées dans les salles de jeux. A cette époque, elles pullulaient dans le périmètre des établissements scolaires. Durant mon séjour à Bertoua, je n’avais jamais mis les pieds dans un tel milieu car je n’en voyais pas.

Emerveillé par le spectacle, excité par le fait que je pouvais commander un personnage à partir d’une manette, j’étais devenu un pro de King of fighters, de Street fighter, de Punisher, du baby-foot… Et plein d’autres jeux dont les noms m’échappent. Bien qu’étant en classe, je pensais aux salles de jeux. Entre deux ou trois choses que je notais dans mes cahiers, je simulais un combat avec mes doigts. Après les cours, nous faisions un saut dans une salle de jeux avant d’atterrir à la maison. Épuisés non pas par la journée de classe, mais par les défaites cuisantes infligées par des challengers. Les jeux vidéo engloutissaient 80 % de mon argent de poche en sixième. Plus tard, en cinquième et en quatrième, ce fut au tour des salles de cinéma.

Salle de jeux vidéo

J’adorais les salles de jeu et de cinéma.

Nouvel environnement

En classe de troisième, mes parents ont décidé de me faire fréquenter un autre établissement. Rien de grave à cela. Le problème est qu’ils ont attendu le jour de la rentrée, à l’aube, pour me tenir au courant. À 7h, j’étais encore alité, cherchant dans quelle salle de jeux ou de cinéma je devais commencer les cours. Ils m’ont demandé de me préparer immédiatement et de les suivre. J’étais ébahi et je n’avais pas d’uniforme. Je découvrais mon nouvel établissement. Plus propre, où la discipline était de rigueur, contrairement à l’ancien. Ce jour-là, premier jour de classe, nous terminé les cours à 15h30. C’était une première pour moi et je suis rentré à la maison exténué et démoralisé. Je ne connaissais personne dans cette école et mes nouveaux camarades me tapaient déjà sur les nerfs. Les enseignants aussi.

L’adaptation fut difficile. Les deux jours suivants, je suis arrivé en retard, ce qui m’a valu un avertissement. Mon visage était toujours lacéré. Très sournois, je ne cessais de penser à mes délires d’autrefois. Je me suis renseigné pour savoir s’il y avait des salles de jeux aux alentours. Il y en avait, mais il était difficile voire impossible d’y avoir accès, vus les horaires de cours et les contrôles continus qui étaient annoncés. Mes parents avaient porté un véritable coup de massue sur ma tête. Même si cela m’a été très bénéfique.

L’euphorie

La rentrée qui a le plus marqué mon séjour sur les bancs est celle de 2005-2006, le lendemain d’un match de football épique ayant opposé le Cameroun à la Côte d’Ivoire. La rencontre comptait pour les éliminatoires de la coupe du monde 2006. Le match avait un enjeu : la première place du groupe que tenaient les Éléphants avant le duel. Une victoire des fauves d’Afrique Centrale était donc impérative pour espérer participer au mondial allemand. Ce d’autant plus que les Ivoiriens et leur coupé-décalé se moquaient trop de nous, nous considérant comme une équipe décadente. L’atmosphère était surchauffée à Abidjan, de même que dans les principaux carrefours de Yaoundé. Les Lions Indomptables ont sorti leurs griffes et ont remporté la partie par 3 buts contre 2. Les Ivoiriens sanglotaient comme des enfants.

Ma voix ainsi que celle de tous les élèves sortait à peine. Tout l’établissement évoquait la prestation des coéquipiers de Samuel Eto’o tout en se moquant de l’équipe de Didier Drogba. Durant toute la journée, malgré la présence des enseignants, nous commentions  cette rencontre. Un mois plus tard, coup de tonnerre, le Cameroun fut éliminé de la course au mondial, au terme d’un match nul contre l’Egypte. Un véritable drame national.

Match Côte d'Ivoire-Cameroun

Malgré la victoire, les Lions n’étaient pas au mondial 2006.

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