CAN 2019 : Cabale contre le Cameroun ou cabale contre la CAF ?

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Le Cameroun est une fois de plus sur la sellette depuis une dizaine de jours. En effet, tenaillé par des problèmes internes, l’organisation de la prochaine CAN sur ses terres semble compromise. Tout d’abord, il y a eu l’augmentation (quasi dictatoriale) du nombre d’équipes participant au tournoi. Ensuite le décalage de la compétition aux mois de juin et de juillet. Période correspondant à la saison pluvieuse (hiver). Où l’on enregistre plusieurs jours d’averses sans interruption dans certaines villes à l’instar de Douala ou de Bafoussam. Enfin, il y a les déclarations du président de la CAF qui ont soulevé le courroux des Camerounais.  Ces derniers considérant ces propos comme un mépris pour le pays de Mbappe Leppe. Dans ce billet, je donnerai mon humble avis sur ce que je considère comme une cabale.

Prémisses

Tout commence en septembre 2014 lorsque la CAF attribue l’organisation des CAN 2019, 2021 et 2023. Respectivement au Cameroun, à la Côte d’Ivoire et à la Guinée. En plus, notre triangle national se voit confier l’organisation de la CAN Féminine 2016. Car aucun pays ne s’était porté candidat pour cet événement.  La dernière CAN Féminine devait donc servir comme répétition générale au Cameroun pour la CAN de 2019. La CAN Féminine a eu lieu. Et à en croire les responsable de la CAF de l’époque, elle a été un succès fulgurant. Tout semblait donc aller bien dans le meilleur des mondes jusqu’en mars dernier.

Un coup de tonnerre frappa la CAF. Après sa défaite à l’élection, son éternel président Issa Hayatou cède sa place au malgache Ahmad Ahmad. Ce dernier a bénéficié du soutien du président de la FIFA et d’un bon nombre de fédérations africaines. Dont la puissante COSAFA qui réunit les fédérations d’Afrique australe. C’est d’ailleurs son président qui le premier va se plaindre des conditions d’attribution des CAN sus-évoquées. Concentrées selon lui dans une seule région africaine. Pour être honnête, il a raison. Mais ce n’est pas l’objet de notre réflexion.

Cabale contre le Cameroun ?

Après l’organisation réussie de la CAN Féminine de 2016, une question de profane nous vient à l’esprit. « Pourquoi tant d’inquiétudes de la part de la CAF » ?  La réponse à cette question est simple en apparence. Elle est à trouver dans le cahier de charges. Ce dernier étant modifié puisque la CAN 2019 se jouera à 24 équipes. Nous resterons donc sur le premier cahier de charges. Car le nouveau n’a pas encore été remis officiellement au Cameroun. Le cahier de charges contient un ensemble d’infrastructures à réhabiliter ou à construire. Parmi lesquels les stades d’Olembe à Yaoundé et de Japoma à Douala. Ces deux principales infrastructures accusent des retards quant à l’avancement des travaux. Au point où le stade d’Olembe sera préfabriqué en Italie puis transporté jusqu’au Cameroun.

Pour les autres infrastructures qui comprennent des terrains d’entrainement aussi, seuls ceux de Limbé, Buéa, Bafoussam sont prêts. Sans oublier les stades annexes et le stade militaire de Yaoundé qui a ont servi pour la CAN Féminine. Pour le cas des infrastructures hôtelières, le Cameroun dispose d’un potentiel énorme. Même si certains hôtels ne sont pas encore sortis de terre. Pour les hôpitaux, les voies de communication et de télécommunication, il faut le reconnaitre, le pays est en chantier. Dans les grandes villes, les axes routiers sont réhabilités. Les formations sanitaires dotées des dernières technologies sont mises en place. Les télécommunications sont améliorées afin de doter le pays d’une bonne connexion internet.

Le véritable problème du Cameroun c’est le déficit de communication. De la part de la FECAFOOT et du comité d’organisation de la CAN. Qui est muet depuis la fin de la CAN Féminine. Les officiels camerounais sont prompts à réagir lorsqu’ils sont critiqués. Ce qui est une attitude quelque peu fâcheuse.

Illustration du stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé

Les Camerounais attendent leur CAN

Cabale contre la CAF ?

Depuis la réunion du comité exécutif de la CAF et les propos de son président, les Camerounais sont déchaînés. Ils y voient un règlement de compte entre Ahmad Ahmad et son prédécesseur à la CAF. En fait, la CAF avait retiré l’organisation de la CAN des moins de 17 ans à Madagascar. Du temps d’Issa Hayatou. Prétextant alors un retard dans les travaux. Comme l’on se serait attendu, les internautes camerounais ont violemment critiqué le président de la CAF. Ils ont en outre présenté Madagascar comme un pays ne disposant d’aucune infrastructure d’envergure. Contrairement au Cameroun. Des célébrités sont également montées au créneau. Certaines pour défendre la CAF, d’autres pour défendre le Cameroun.

Une chose est certaine : les passe-d’armes  entre les Camerounais et la CAF ne résoudront aucun problème. Tout comme elles ne construiront aucune infrastructure. De plus, elles ne font qu’ajouter de l’huile sur un feu ardent. Or l’on sait depuis la défaite d’Issa Hayatou que le Cameroun serait sous le feu des projecteurs. Tôt ou tard, il fallait s’y attendre. En politique, un discours de campagne électorale est différent d’un discours d’investiture. Tous les deux étant à des années lumières de la  pratique du mandat plus tard. C’est exactement ce que l’on vit à la CAF. Les hommes ont changé. Les rapports de force aussi. Depuis mars 2017. Seuls les Camerounais ne l’avaient visiblement pas intégré jusqu’à présent. Nous semblons sortir des bras de Morphée. La campagne pour l’élection à la CAF et la défaite d’Issa Hayatou étaient prémonitoires à ce qui arrive aujourd’hui.

La suite… ?

Les mille et une conférences de presse et déclarations des officiels camerounais n’atténueront pas nos inquiétudes. Le combat ne se joue pas sur le plan médiatique qui selon moi est perdu d’avance. Le combat est ailleurs, sur un autre front tout comme les enjeux sont considérables. Si l’on prend les propos d’Ahmad Ahmad un par un, on dirait que la messe semble dite pour le pays de Rigobert Song. Le fait d’évoquer le Maroc ou l’Algérie comme possible recours n’est pas anodin. De même que déclarer que « même à quatre équipes, le Cameroun ne peut pas organiser la CAN ». Quel mépris ! Sans inspection, ni audit.

Il aurait fallu pour le président de la CAF d’attendre l’avis des experts. Au lieu de faire une fuite en avant. Au demeurant, je partage avec vous ce post d’un internaute camerounais. « Si la CAF veut nous retirer la CAN 2019, qu’ils attendent au moins deux mois avant. Là nous aurons nos infrastructures. C’est mieux que d’avoir des chantiers abandonnés ». Je suis entièrement d’accord avec lui.

 

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À propos de l'auteur

Je me prénomme Samuel. Je suis Camerounais de nationalité. Je suis un fan de livres. J'écris beaucoup: romans, nouvelles et poèmes. Je suis aussi un sportif chevronné.

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