Les tourments des (futurs) locataires dans la ville de Yaoundé au Cameroun

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Logement fait de matériaux provisoires à Yaoundé

Logement fait de matériaux provisoires

S’adapter tant bien que mal ! Tel est le crédo des habitants de la ville de Yaoundé face aux difficultés d’accès aux logements.

 

C’est un secret de polichinelle que de dire qu’il est impossible de trouver un logement décent et à un prix acceptable dans les grandes villes du Cameroun. Posez la question aux habitants de Yaoundé et de Douala et vous verrez. Pour notre  papier, nous nous intéresserons à la ville de Yaoundé; cité aux sept collines.

Une descente dans le quartier estudiantin de « Bonass » à Yaoundé permet de voir l’état de certaines mini-cités. Les occupants doivent lutter contre les rongeurs et les eaux de pluie, sans oublier l’état des toilettes, généralement qualifiées de ‘’traditionnelles’’. Si ces mini-cités sont construites pour l’essentiel en matériaux modernes elles semblent se dégrader au fil des années. Elles subissent rarement des travaux de réaménagement et croulent sur le poids de l’âge. Ce qui n’inquiète guère les propriétaires qui n’ont d’yeux que pour leur argent. Soucieux de leurs études, les étudiants restent sans voix devant le spectacle délabrant de leur milieu de vie. Pourtant de grandes personnalités ont fait les bancs et ont vécu dans cette partie de la ville qui côtoie l’Université de Yaoundé I. Le spectacle n’est guère reluisant dans les autres quartiers de la ville.

Le coût des loyers

Le prix des logements est certes réglementé selon des spécialistes. Mais c’est tout autre chose qui se passe sur le terrain. Il existe une grille de prix qui varie généralement en fonction du standing et du quartier dans lequel se trouve le logement.Pour ce qui est du standing, une distinction est faite entre simple et moderne. Le terme ‘’simple’’ ici renvoie surtout à l’état du logement. Il s’agira d’une chambre avec la douche à l’extérieur ou d’un studio constitué de deux pièces (salon + chambre) avec la douche aussi à l’extérieur. Dans ce cas, vous aurez l’eau courante chez le bailleur ou à une borne fontaine située tout près. Le second terme ‘’moderne’’ indique une chambre avec douche à l’intérieur, parfois un petit coin pour la cuisine. Mais aussi un studio de trois à quatre pièces (salon+chambre+cuisine+douche). Ici vous avez accès à l’eau courante ; pas besoin de se déplacer.

Quant aux quartiers, un logement à Bastos (Ekoudou), Ntoungou Golf, Mfandena, Ngousso, Biyem-assi coûtera plus cher qu’un autre à Rue Manguier, Madagascar, Tsinga Elobi ou encore Ekounou. Ces deux listes sont loin d’être exhaustives. Les quartiers Bastos et Ntoungou Golf abritent plusieurs missions diplomatiques. Ce qui explique que le prix des logements y soit très élevé car ce sont des quartiers accessibles et très sécurisés. Qui ne rêve pas de résider dans le périmètre de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique à Yaoundé ? Dans ces deux quartiers, le prix d’un studio oscille très souvent entre 80 000 FCFA à 180 000 FCFA mensuels et 150 000 FCFA à 300 000 FCFA pour ce qui est des appartements, tous haut-standing.

Mfandena et Ngousso sont aussi accessibles. Ainsi que Biyem-assi qui est par ailleurs l’un des quartiers les plus populaires de la capitale. Dans ces quatre derniers quartiers, les prix sont abordables. On peut trouver des studios à 45 voire 50 000 FCFA à Biyem-assi et Ngousso et des appartements de 70 000 FCFA à 120 000 FCFA. Le deuxième groupe de quartiers que j’ai cité peut être considéré comme des quartiers modestes. Même si on y trouve quelques somptueuses villas et des immeubles comme par exemple à Madagascar ou à Rue Manguier. Dans ces quartiers les prix des logements sont abordables : 30 000 FCFA à 40 000 FCFA pour un studio et 50 000 FCFA à 70 000 FCFA pour un appartement.

 

Bâtiment d'un logement social à Yaoundé

Bâtiment d’un logement social. Source: http://cameroun-online.com/sites/default/files/styles/image_790_x_420/public/field//camp_sic.jpg?itok=nmvb_QyB

 

Se loger: véritable casse-tête!

Le déficit de logement dans la ville de Yaoundé est sérieux. Le gouvernement semble y avoir apporté des solutions avec la construction de logements ‘’sociaux’’ dans les quartiers d’Olembe et de Mfandena. Mais ceux-ci sont chers et insuffisants pour résorber ce problème ; pour une ville qui compte plus de 2 millions d’habitants. Les Yaoundéens se rabattent sur les quartiers situés à la périphérie de la ville. Ils sont le nouvel eldorado pour les promoteurs immobiliers. Nkozoa, Olembe, Nyom, Nkolfoulou, Simbock, Mbadoumou, Ahala, Messamendongo, Minkan, Nkoabang et bien d’autres sont pris d’assaut par les jeunes travailleurs. On peut évoquer également les villes de Soa et de Mfou qui sont proches de Yaoundé.

En plus, il faut jouer avec la moralité douteuse de certains agents immobiliers qui sont des arnaqueurs. J’ai en mémoire l’image de l’un de mes aînés qui s’est fait escroqué plus de 400 000 FCFA représentant quelques mois d’avance de loyer pour un appartement qu’il n’a jamais occupé. L’agent immobilier n’a jamais été retrouvé. Les cas d’arnaque sont fréquents et sont le fait de personnes qui affichent mille et une pancartes dans les carrefours de la ville sur lesquelles on peut lire : « Chambres, studios, appartements à louer ». L’autre problème auquel se heurte le jeune chercheur de logement est le montant des avances de loyer et des cautions. Certains propriétaires demandent jusqu’à 8 mois d’avance. Ce qui est exorbitant pour des jeunes actifs qui n’ont d’autres choix que de recourir à l’emprunt pour intégrer un logement.

C’est par ici le chez moi

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